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Des coups de feu à Kinshasa après une messe pour honorer les victimes des massacres du 31 Décembre

Un attroupement a été dispersé vendredi par des tirs de sommation de la police devant la cathédrale de Kinshasa, après une messe très critique envers le pouvoir du dictateur Joseph Kabila.

Les policiers ont dispersé des groupes de fidèles qui quittaient l’enceinte de la cathédrale Notre-Dame, après cette messe célébrée par le cardinal Laurent Monsengwo, en présence d’ambassadeurs occidentaux, à la mémoire des victimes d’une marche anti-gouvernementale interdite et dispersée le 31 décembre dernier.

Un jeune homme légèrement blessé au visage affirme avoir été touché par ces tirs de sommation. Il a été soigné dans le jardin de la cure derrière la cathédrale.

Très critique envers Kabila, l’archevêque de Kinshasa Laurent Monsengwo a célébré une messe marquée par la ferveur religieuse, mais à la résonance politique, dans la plus grande cathédrale de Kinshasa pleine à craquer.

Au premier rang étaient assis côte à côte les ambassadeurs de Belgique, de France, du Canada, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, une représentante des États-Unis, ainsi que le secrétaire du nonce apostolique au second rang.

La messe a été interrompue à plusieurs reprises par des salves d’applaudissements, des chants, des slogans, voire des huées, qui ont ponctué l’intervention de différents membres du clergé pour le respect d’un accord politique conclu sous l’égide de l’Eglise catholique, prévoyant le départ du pouvoir du dictateur Kabila.

« Si nous avons perdu un frère, une soeur, nous avons gagné des héros, des vrais, parce qu’ils ont mêlé leur sang à celui de tous ceux qui sont morts pour l’alternance au pouvoir gage de la démocratie », a lancé pendant son sermon l’évêque auxiliaire Donatien Bafuidinsoni, faisant se lever l’assistance.

A plusieurs reprises, les intervenants ont récité le nom des six victimes de la dispersion par les forces de l’ordre des « marches pacifiques » du 31 décembre organisées par des laïcs proches de l’Eglise.

La nonciature et les Nations unies ont révisé jeudi le bilan de la répression à la hausse, passant de cinq à six morts. Les autorités affirment qu’il n’y a pas eu de décès en lien avec ces marches.

ROM/NPB/LC

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