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Publié: 3 Oct 2013

Armée Congolaise – La société civile du Nord Kivu opposée à l’intégration du M23


M23 37

Dans une lettre adressée le week-end dernier à l’envoyée spéciale du secrétaire général de l’Onu pour les Grands Lacs, Mary Robinson, ainsi qu’au chef de la Mission onusienne au Congo, Martin Kobler, les activistes de la société civile du Nord-Kivu clament leur opposition à l’intégration de tous les rebelles du M23 dans l’armée congolaise (FARDC). L’idée a été lancée par le président ougandais Yoweri Museveni. Intervenant, vendredi 30 septembre, sur radio Okapi (Dialogue Entre Congolais), le gouverneur du Nord Kivu, le PPRD Julien Paluku, s’est réjoui de cette « convergence de vue » entre la société civile et le pouvoir politique. Il y voit une « conscience congolaise qui se forge ». Des observateurs pointent un doigt accusateur en direction de « Joseph Kabila » – dont le discours, faussement nationaliste, prononcé le 25 septembre à l’Assemblée générale des Nations Unies – est loin de faire oublier la gestion perfide de cet épineux dossier. Question : Que fait-on des cadres militaires du RCD et du CNDP intégrés dans l’armée congolaise à partir de 2003? Et si les Congolais se trompaient d’adversaire?

Pour les activistes de la société civile, l’intégration des anciens combattants du M23 est de nature à consacrer une « flagrante impunité » au bénéfice des auteurs présumés de graves violations des droits humains perpétrés dans cette partie du Congo-Kinshasa. C’est une réaction à la prise de position du président ougandais Yoweri Museveni plaidant pour une amnistie générale en faveur des rebelles du M23.

Se fondant sur les précédents « accords de paix », sans lendemain, en dépit des « brassages » et autres « mixages », les représentants des forces sociales du Nord Kivu dénoncent l’initiative du médiateur ougandais. Une initiative qu’ils assimilent à une «solution à la burundaise». Pour eux, la rébellion du M23 est composée non seulement des « criminels » mais aussi des militaires rwandais et ougandais « qui cherchent à nouveau à infiltrer l’armée congolaise en vue de continuer à fragiliser la réforme de l’armée entreprise par le gouvernement et poursuivre le plan de la balkanisation. » Le gouverneur Julien Paluku ne disait pas autre chose, lundi 30 septembre, sur les antennes de radio Okapi. Selon lui, des « démobilisés » de l’armée de Paul Kagamé se battent dans les rangs du M23.

Dans une récente correspondance adressée notamment au chef de la Mission onusienne au Congo, le gouvernement congolais a transmis à celui-ci une liste reprenant près d’une centaine de cadres du M23 qu’il ne souhaite pas voir réintégrer les FARDC. Il y est relevé que les mêmes officiers et éléments du M23 ont combattu au sein du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie) et du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Laurent Nkunda avant d’intégrer l’armée congolaise, aux termes d’un accord de paix signé le 23 mars 2009. Une question cruciale taraude des observateurs : A partir de quel moment, les autorités congolaises se sont-elles rendues compte de la présence des « étrangers » et autres anciens membres du RCD et du CNDP parmi les anciens combattants intégrés dans les FARDC?

Dans son allocution prononcée le 25 septembre à la tribune des Nations unies, « Joseph Kabila » a adopté une posture faussement nationaliste en déclarant, sans vergogne, que « la rupture de la paix » dans la partie orientale du Congo-Kinshasa « est le fait d’une agression extérieure ». Un psychanalyste pourrait parler de dédoublement de personnalité. « Joseph » ajoutait : « II est à ce sujet important de rappeler une double réalité, souvent méconnue ou occultée, à savoir : que c’est pour avoir posé un acte de solidarité en accueillant sur son territoire des réfugiés originaires du Rwanda, que les populations congolaises de l’Est de mon pays sont privés de la paix, (…) ».

« Joseph Kabila » feint d’ignorer qu’il a foulé le sol congolais dans le cadre de cette même « agression ». Une agression conçue et exécutée par les dirigeants rwandais et ougandais. Il feint d’ignorer ensuite que l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) a été une trouvaille rwando-ougandaise. Il feint d’ignorer enfin que le RCD, le CNDP et le M23 ne sont que des avatars de l’AFDL. Dotés d’une mémoire plutôt courte, les Congolais sont ainsi roulés dans la farine.

Comment peut-on expliquer que des personnes présentées jadis comme des citoyens congolais – tant qu’ils collaboraient avec le régime de Kinshasa – deviennent comme par enchantement des ex-militaires rwandais et autres « mutins récidivistes » issus du RCD et du CNDP? « Joseph Kabila » n’avait-il pas amorcé des contacts secrets, en 2007, avec le CNDP de Laurent Nkunda à l’insu tant de l’état-major général de l’armée congolaise que des autres institutions de l’Etat? Serait-il excessif de qualifier cette démarche de « trahison »? Des pourparlers entre le « général » John Numbi Banza et Nkunda n’avaient-ils pas eu lieu sous la médiation du général James Kabarebe, alors ministre rwandais de la Défense, pendant que la propagande officielle à Kinshasa accusait l’homme fort de Kigali de velléités expansionnistes? Un accord secret n’a-t-il pas été signé entre « Joseph Kabila » et Paul Kagamé en 2008? N’est-ce pas cet accord qui a permis le déploiement, en janvier 2009, à la surprise générale, des troupes régulières du Rwanda au Nord Kivu dans le cadre de l’opération « Umoja Wetu »? Que dire de l’accord dit de paix signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement et une quarantaine de groupes armés dont le CNDP? Est-il besoin de rappeler que le texte de cette dernière convention n’a été communiqué aux deux Chambres du Parlement qu’en 2012 après le déclenchement de la mutinerie des éléments des FARDC étiquetés CNDP? Par la volonté de « Joseph Kabila », le CNDP n’est-il pas devenu une formation politique avec pignon sur rue dans la capitale congolaise? N’est ce pas John Numbi qui avait accompagné les cadres dirigeants de cette ex-rébellion au ministère de l’Intérieur afin d’obtenir l’agrément?

Et si les Congolais se trompaient d’adversaire dans la crise qui secoue la partie orientale de leur pays en général et les provinces du Kivu et la Province Orientale en particulier? Au regard des agissements de « Joseph Kabila » décrits ci-haut, le Congo-Kinshasa n’a pas besoin d’ennemi. Celui-ci trône déjà au sommet de l’Etat. Aveuglés par des intérêts égoïstes, les Congolais refusent de regarder la réalité en face.

« Sauver le Congo » risque d’être une mission impossible aussi longtemps que le cordon ombilical sera maintenu entre ce pays et l’AFDL à travers des cadres civils et militaires issus du RCD, du CNDP et du M23. Des cadres qui « dorment » dans toutes les institutions congolaises à l’image d’une 5ème Colonne. On semble oublier que la journée du 17 mai (1997) de chaque année, proclamée fériée, chômée et payée, marque la fin de la guerre dite de « libération » menée non pas par des citoyens congolais mais par des troupes étrangères venues principalement de l’Ouganda et du Rwanda. L’ennemi continuera à parader à la tête du pays aussi longtemps que les Congolais continueront à se mentir à eux-mêmes. Un mensonge qui consiste à sataniser les dirigeants rwandais et ougandais tout en épargnant « Joseph Kabila ». Qui ignore que celui-ci est un pur produit de l’AFDL?

BAW/CI

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