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Impasse politique – Faut-il s’en remettre à Dieu ?

Plus les jours passent, plus l’horizon s’assombrit sur les rives du fleuve Congo. Car, aux massacres des troupes gouvernementales et violentes attaques des sectes politico-religieuses succèdent désormais les manifestations répétées de l’opposition qui vient de sortir de deux journées villes mortes, les 8 et 9 août derniers.

Et rien ne laisse présager une sortie prochaine de crise du pays, tant Joseph Kabila qui détient la clé du problème, reste arc-bouté à son rêve de s’éterniser au pouvoir.

Face à la souffrance de son peuple, l’homme ne fait preuve d’aucune forme d’empathie, comme seuls savent le faire les masochistes. Ses quelques rares sorties sont ponctuées de phrases sibyllines du genre « je n’ai rien promis ».

En effet, plutôt que d’accéder aux légitimes revendications de l’opposition qui ne demande qu’une date pour les prochaines élections présidentielles, le pouvoir déploie davantage son arsenal répressif : occupation des espaces de manifestation par les forces de l’ordre, dispersion de tout attroupement, arrestations et tortures d’opposants, limitation de l’accès aux réseaux sociaux, musèlement de la presse indépendante.

Et tout ceci n’est que l’expression de la volonté du satrape de ne céder aucune parcelle de pouvoir, ni aujourd’hui ni demain, etc. Et la Commission électorale nationale indépendante (CENI), de laquelle devraient venir des lueurs d’espoir, fait du surplace quand elle ne fait pas dans le dilatoire.

Après avoir été volontairement privée de moyens de travail comme l’a relevé le scandale des « Lumumba papers », elle s’est volontairement embourbée dans un recensement électoral sans fin et clame désormais son incapacité technique à fixer une date pour le scrutin.

Et plutôt que d’appuyer sur l’accélérateur, elle demande à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) de lui envoyer un représentant. Ces micmacs ne font que l’affaire du pouvoir qui gagne ainsi du temps.

Ce ne sont pas les « mesurettes » des Occidentaux qui vont faire fléchir Kabila

Du reste, tout ceci participe de la stratégie du pouvoir qui se décline en quatre axes principaux : plomber le fonctionnement de la CENI en la privant de la logistique nécessaire à l’organisation du scrutin, créer les conditions du pourrissement pour prétexter l’impossibilité de tenir les élections au regard du contexte sécuritaire, ruser avec les textes pour entraîner le débat dans une zone de non-droit toujours favorable au plus fort, c’est-à-dire le détenteur du pouvoir d’Etat, d’où la répression pour étouffer dans l’œuf tout mouvement insurrectionnel.

Face à ce schéma conçu par les ingénieurs du mal, l’opposition, privée de son emblématique leader, Etienne Tshisékédi, semble impuissante. En tout cas, pour l’instant, les différentes manifestations qu’elle a organisées ressemblent à de l’eau versée sur les plumes d’un canard.

Et ce ne sont pas les « mesurettes » teintées d’hypocrisie des Occidentaux plus intéressés par les immenses richesses naturelles du pays, qui vont faire fléchir Kabila.

L’on se demande si simplement, il ne faut pas remettre le sort de la RDC à la volonté du Tout-Puissant ; Lui qui «ne crée pas un oiseau aveugle sans l’avoir nanti des moyens de sa subsistance».

SAHO/LP/LC

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