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Kinshasa continue de compter ses morts après les inondations

A Kinshasa, le bilan des inondations et éboulements provoqués par des pluies diluviennes dans la nuit de mercredi à jeudi s’est alourdi. Le bilan définitif communiqué ce vendredi 5 janvier par le gouvernement provincial de Kinshasa fait état de 44 morts.

Le travail de recherche des victimes est terminé. Le ministre provincial de la Santé et des Affaires sociales, Dominique Weloli, l’a annoncé ce vendredi.

Avec l’aide des chefs de quartiers et de la Croix-Rouge, tous les corps ont été acheminés à la morgue Centrale de Kinshasa. Ils viennent des différentes communes de la capitale : Ngaliema, Bandalungwa, Barumbu, Limete ou encore Selembao.

Les dégâts matériels sont également importants surtout dans les quartiers comme Pakadjuma, Mfinda ou Manenga.

Des maisons démolies, des biens emportés par l’eau, 10 communes sont également plongées dans le noir. Vu l’ampleur des dégâts, le gouvernement provincial a d’ailleurs tenu ce vendredi un conseil des ministres extraordinaire.

Les bourgmestres et les responsables de la régie provinciale d’assainissement y ont été conviés pour évaluer la situation et proposer une réponse d’urgence.

En attendant, les blessés ont été conduits dans plusieurs centres médicaux. Certains sinistrés passent la nuit chez les voisins ou les proches en attendant, disent-ils, que les autorités réagissent.

Aujourd’hui, dans les quartiers touchés, la tristesse mêlée à la colère pouvait se lire sur les visages des ceux qui ont perdu leurs proches ou leurs biens.

Chaque année, la capitale congolaise enregistre des morts : les bouteilles en plastique et autres déchets ont envahi les rivières faute de ramassage. Les habitants des quartiers inondables ne parviennent pas à quitter leur logement faute de moyens et d’espaces disponibles à un loyer abordable. Comment expliquer une telle répétition ?

Le gouverneur de Kinshasa l’a régulièrement répété. Il n’a pas les moyens de ramasser les ordures dans la ville et réclame 12 millions de dollars par mois au gouvernement central. Et pourtant, entre 2008 et 2015, l’Union européenne a payé un million de dollars par mois pour mettre sur pied un projet pilote de ramassage d’ordures sur un tiers des communes de la capitale congolaise, projet qui devait être dupliqué et assumé financièrement à l’issue par les autorités congolaises.

Deux ans plus tard, le projet est abandonné et le gouvernorat cherche à privatiser le secteur. Pour le gouvernement congolais, en tout cas, le vrai responsable est le changement climatique. C’est ce qu’a dit Lambert Mende, son porte-parole.

Le secrétariat général de l’urbanisme et habitat exhorte lui la population à ne plus construire de façon anarchique. « C’est toujours comme ça, ils blâment les autres pour ce qu’ils ne font pas », rétorque un ancien bourgmestre de la ville qui rappelle qu’à la fin de la guerre, en 2002, le pays s’était doté d’un plan national pour l’habitat, après des mois de consultations (une étude financée par le PNUD et appuyée techniquement par ONU-Habitat).

« Toutes les recommandations sont là-dedans, elles sont toujours valables », renchérit un expert. L’an dernier déjà, à la même période, l’Hôtel de Ville avait à nouveau convoqué des experts devant la presse, demandant des solutions et promettant des mesures. Oui, il n’y a pas l’argent, continue de répondre un an après le gouvernorat.

RFI

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