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La CENI annonce l’élection de 7 gouverneurs et 3 adjoints

Intervenant mardi 18 juillet au JT de 20.00 de la RTNC, le Rapporteur adjoint de la CENI, Onésime Kakutala a annoncé l’organisation de l’élection de 7 gouverneurs de provinces et de 3 vice-gouverneurs. Le vote aura lieu le 26 août prochain. Notons que les Assemblées provinciales et le Sénat sont hors mandat depuis février 2012. Le président de la République en exercice est fin mandat depuis le 19 décembre 2016. Le mandat de l’Assemblée nationale a expiré en février 2017.

C’est une véritable opération de diversion qui été annoncée mardi 18 juillet par le Rapporteur adjoint de la CENI, Onésime Kakutala. Il s’agit de l’organisation des élections de gouverneurs (Haut-Katanga, Haut Lomami, Kasaï Central, Sud Ubangi, Tshopo, Tshuapa) et de vice-gouverneurs (Bas-Uélé, Equateur, Mongala).

Cette annonce de la Centrale électorale congolaise ne manquera pas de surprendre tous ceux qui espèrent la tenue de l’élection présidentielle, des législatives et des provinciales en décembre prochain. Et ce conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre.

A l’appui de sa décision, la CENI invoque « les vacances créées » dans ces provinces mais aussi « l’urgence et la nécessité ». Quelle urgence? Quelle nécessité?

Aux termes du premier alinéa de l’article 2 de la Constitution promulguée le 18 février 2006, le nombre des provinces est passé de 11 à 26. Les nouvelles dispositions devaient entrer en vigueur au plus tard en 2009. Rien n’a été fait dans le délai constitutionnel.

A l’issue des travaux des « Concertations nationales » organisés en septembre 2013, les participants avaient sélectionné une centaine de recommandations à l’intention de « Joseph Kabila ». L’une de celles-ci exhortait le gouvernement à « commencer le processus d’installation de nouvelles provinces par la mise en place d’une commission mixte Pouvoir central – Provinces en vue de cette installation ». Rien ne s’est passé non plus.

C’est au mois de mars 2016 soit dix ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi fondamentale, que le pouvoir kabiliste s’est réveillé brutalement en procédant de manière chaotique à la mise en place de nouvelles entités provinciales au nombre de 21.

Conscients que la mouvance kabiliste n’avait plus d’avenir avec la perspective de l’expiration du second et dernier mandat de « Kabila », les prétendants se présentèrent dans leur grande majorité en « indépendant ». Au grand du « raïs ». Des sources d’indiquer que celui-ci aurait menacé de soumettre à la diète les assemblées provinciales récalcitrantes.

Lors de l’élection au suffrage indirect de nouveaux gouverneurs et vice-gouverneurs, les députés provinciaux ont fait l’objet de pression accrue de la part de « Joseph Kabila » et du secrétaire général de la « majorité présidentielle » en l’occurrence Aubin Minaku dans le pur style maffieux.

Flairant une humiliation annoncée, la MP n’a pas hésité à disqualifier plus d’une vingtaine de candidats sous le fallacieux prétexte qu’ils n’avaient pas obtenu son endossement. Plusieurs délégations de la mouvance kabiliste vont sillonner les 21 nouvelles provinces avec pour mission de «réorganiser» la famille politique du chef de l’Etat.

Après le vote qui a eu le 26 mars 2016, la majorité a raflé plus de trois quart de gouvernorats et vice-gouvernorats. Cinq candidats indépendants seront élus gouverneurs au Bas-Uélé, Haut-Uélé, Equateur, Kasaï-Central et à la Mongala. Tous ont fini, au fil du temps, par rentrer dans le rang dans ce pays où la mouvance kabiliste se comporte en parti-Etat.

« Ce qui se fait sans le temps ne résiste pas au temps », disait un philosophe. Lors de la 4ème Conférence de gouverneurs de provinces qui eu lieu en juin 2016 à Lubumbashi, plusieurs chefs des exécutifs provinciales n’avaient que des doléances : insécurité, enclavement, approvisionnement en eau courante et électricité, enseignement, hygiène, santé, agriculture, pauvreté, manque d’argent. Signes si besoin en était que la mise en place de nouvelles Régions a opérée dans une « précipitation inconsidérée ».

Pire, les députés provinciaux n’utilisent plus le clair de leur temps qu’à lancer des motions de défiance à l’encontre du gouverneur. En fait, la mouvance kabiliste est occupée, pour diverses raisons, à déstabiliser ses propres hommes.

Sept provinces nouvellement créées font face à une situation de crise. C’est le cas de : Haut-Katanga, Haut Lomami, Kasaï Central, Tshopo et Tshuapa. Le gouverneur du Sud Ubangi, José Makila Sumanda, a été promu ministre des Transports et voies de communications. Trois postes de vice-gouverneur sont vacants.

Destitué par l’organe délibérant, le gouverneur en titre du Haut Katanga Jean-Claude Kazembe Musonda a été réhabilité par la Cour constitutionnelle dont on disait que les décisions sont insusceptibles d’appel. Etrangement, l’Arrêt dont question est resté onopérant.

A preuve, le « Gouv » Kazembe est littéralement interdit de remettre les pieds dans sa juridiction « pour raisons de sécurité ». Mieux encore, dans une correspondance lui adressée, Henri Mova Sakanyi, secrétaire général du PPRD a signifié à l’intéressé que le parti présidentiel lui avait retiré sa confiance. Le PPRD prouve ainsi que l’Etat c’est lui!

On espère que les forces politiques et sociales qui aspirent à l’alternance démocratique donneront de la voix pour barrer la route à ce simulacre d’élection qui est, en fait, une opération de diversion signée : « Kabila »-Nangaa…

B.A.W/CI

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