Le programme du « gouvernement Tshibala » passé au crible

Bruno Tshibala et les membres de son gouvernement étaient le mardi 16 mai devant la chambre basse du Parlement en vue de leur investiture.

Le rituel devrait passer par la présentation par Bruno Tshibala du programme de son gouvernement soumis, à l’occasion, à la critique des élus du peuple. Cependant, une motion incidentielle initiée par le député Coco Mulongo a failli gâcher la cérémonie. Ce cadre de l’UDPS/Lubumbashi (Haut-Katanga) a sollicité de ses collègues le refus d’investir le gouvernement pour la bonne raison qu’il a été constitué en violation de l’accord du 31 décembre dans la mesure où, a-t-il déclaré, « le nom de monsieur Tshibala n’a pas été présenté par le chef de file de la délégation du Rassemblement aux discussions du Centre interdiocésain ».

Passée au vote, cette motion incidentielle fut rejetée par la majorité des députés au grand désenchantement de la minorité qui l’a soutenu. Non contents, les députés de l’opposition radicale membres du Rassemblement aile Limete ont interrompu pendant quelques heures la suite de la plénière par des cris et coups de sifflet. Visiblement préparés en amont pour plonger l’Assemblée nationale dans un brouhaha indescriptible, les députés du Rassemblement ont par ce chahut entrainé la suspension de la séance pendant un quart d’heure.

Après cet intermède, les choses sont revenues à la normale. Le Premier ministre, après présentation des membres de son équipe, fit la lecture de son programme d’action articulé essentiellement sur les quatre grands axes fixés dans l’accord global du 31 décembre issu des négociations facilitées par les évêques catholiques. Il s’agit d’œuvrer pour l’organisation des élections crédibles, libres, transparentes et démocratiques dans le délai convenu ; d’arrêter la dégradation de la situation socioéconomique ; d’améliorer les conditions de vie de la population, d’instaurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du pays.

Développant chacun de ces axes, Bruno Tshibala a, de prime abord, réitéré la volonté de son équipe d’offrir au peuple congolais les meilleures élections de son histoire. Là-dessus, il compte mobiliser les ressources tant internes qu’externes, réactualiser le système électoral actuel en vue de réduire le coût des opérations électorales et scruter la faisabilité technique d’intégrer la diaspora congolaise dans le processus de vote. Il a promis d’organiser une réunion tripartite Gouvernement-Céni-CNSA pour évaluer l’ensemble du processus électoral de sorte à avoir une idée précise sur le coût total des scrutins, mais aussi pour identifier les progrès réalisés jusque-là et anticiper sur les défis prévisibles.

Quant à la situation socioéconomique, le gouvernement compte rétablir les équilibres macroéconomiques rompus en engageant des reformes nécessaires avec, à la clé, la relance de la production intérieure, la restauration de la discipline budgétaire, l’amélioration du climat des affaires, l’allègement de la législation fiscale en vigueur, la mise en place d’une chaîne informatisée des recettes publiques etc. Considérant son gouvernement comme celui de mission, Bruno Tshibala a lancé un appel pathétique à tous les hommes de bonne volonté pour apporter leur soutien à l’action du gouvernement. « Nous devons surmonter les rancœurs et frustrations personnelles pour mettre en avant les attentes du peuple », a déclaré le Premier ministre tout en invitant la classe politique à sortir de la ligne sectaire et partisane. Bruno Tshibala a, par ailleurs, plaidé pour la diversification de l’économie nationale qui passe notamment par l’exploration d’autres secteurs créateurs de richesses à l’instar de la culture, de l’agriculture, du tourisme etc.

Compte tenu de l’absence du budget 2017 et de l’impossibilité d’avoir des indications claires sur les ressources de l’Etat pour les six prochains mois, il s’est refusé de se lancer dans des promesses démagogiques qu’il ne saura réaliser. Il a demandé aux Congolais de faire le sacrifice que requiert la situation délétère actuelle du pays tout en rassurant que des efforts seront consentis pour les amener aux élections dans un contexte socioéconomique amélioré. Jusque tard la nuit, les députés se succédaient à la tribune pour critiquer en bon ou en mal ce programme du gouvernement en attendant son éventuelle approbation.

AD/LDDBV

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