Ngoy Mulunda – «La responsabilité de ce chaos est partagé avec l’Assemblée nationale» – LeCongolais v2.7




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Publié: 29 juin 2012

Ngoy Mulunda – «La responsabilité de ce chaos est partagé avec l’Assemblée nationale»


Le président de la CENI partage la responsabilité du chaos électoral du 28 novembre 2011 avec la représentation nationale.

Dans son rapport d’évaluation présenté aux élus du peuple, il a repris plusieurs recommandations pour le recadrage du processus, après avoir énuméré d’innombrables difficultés que son institution a rencontrées lors de la tenue du double scrutin de novembre 2011.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Daniel Ngoy Mulunda, et le vice-président de cette institution, Jacques Djoli, ont présenté à la représentation nationale, pendant plus deux heures, hier jeudi 28 juin, le rapport d’évaluation du processus électoral en RDC.

Ngoy Mulunda ne se cache pas de s’octroyer la mention satisfaction par le fait d’avoir organisé les élections présidentielle et législatives dans un contexte très difficile, te ce, au milieu de multiples difficultés et appels au report lancés par la classe politique et certaines missions d’observation électorale tant nationales qu’internationales. Il contredit par la suite, ses propres dires, en reconnaissant le chaos électoral. Il n’entend pas en endosser seul, la responsabilité : « la responsabilité de ce chaos, est partagé avec l’Assemblée nationale », déclare-t-il. Comme pour rappeler le retard pris par cette institution pour le remplacement de la CEI par la CENI.

Ce partage de responsabilité est complètement rejeté par l’Opposition politique. Au cours d’un débat général riche en interventions, les groupes parlementaires de l’Opposition tablent sur le manque d’expertise des responsables de la CENI. «Les mains inexpertes des responsables de la CENI ont préparé non pas des élections, mais des réélections », déclare le député national Fabien Mutomb.

Ce dernier, tout comme son collègue Martin Fayulu Madidi, proposent parmi les recommandations, d’organiser des états généraux de la CENI, de dégager une structure qui va inclure la Société civile, la recomposition de la CENI tant dans ses structures, ses méthodes de travail que dans ses animateurs, dans un bref délai, et un audit financier de la Cour des comptes et de l’Assemblée nationale pour savoir comment l’argent du contribuable et les biens de l’Etat ont été utilisés.

Le député Malisi Malisawa, élu de Butembo, relève la négligence du bureau de la CENI qui a omis les noms de plusieurs électeurs, à défaut de les transférer vers d’autres bureaux de vote où ils ne s’étaient pas enrôlés. Cette entorse, poursuit-il, «prouver à suffisance que le bureau de la CENI est à la solde de ceux qui flirtent avec Kigali pour consacrer non seulement la partition du Nord-Kivu mais aussi l’avilissement et la paupérisation du peuple congolais». Pour ce faire, l’élu de Butembo demande au bureau de la CENI de «s’adonner à la contrition et de céder sa place à une nouvelle équipe dirigée par une dame engagée et aguerrie émanant impérativement de la Société civile pour l’enracinement total de la démocratie».

L’EFFORT DE LA CENI SALUE

Du côté de la Majorité présidentielle, l’effort est qualifié de «titanesque» et elle salue la détermination de la CENI à organiser les élections dans le délai. Cependant, des reproches sont quand même faits sur ce rapport. «Nulle part, le bureau de la CENI a relevé l’impact des élections présidentielle et législatives sur les prochaines élections provinciales et locales, car les mêmes causes produisant les mêmes effets », fait remarquer Adolphe Onusumba.

Aussi, des détails sur l’utilisation des finances allouées à la CENI sont exigés. Jeannine Mabunda qui le relève dans son intervention, dit constater des écarts entre les chiffres et l’application sur le terrain.

De son côté, le président de la CENI s’oppose à une appréciation comparative des élections de 2006 à celles faisant l’objet de son rapport. Il s’en défend : «la CEI avait disposé de 36 mois avec un appui logistique et financier conséquent fourni par la communauté internationale La CENI n’a disposé que d’un délai trop contraignant de 7 mois pour organiser les élections dans le délai constitutionnel Et ces élections, financées à 80% par le gouvernement congolais, avec un mode de décaissement goutte à goutte »

Par ailleurs, cette évaluation met en exergue plusieurs problèmes majeurs, dont le calendrier contraignant fruit d’un consensus politique tenant moins compte des exigences opérationnelles, et la faiblesse des concertations avec les porteurs d’intérêts (partis politiques, Société civile, médias, les bailleurs de fonds, le gouvernement, etc.)

Il y est aussi relevé l’absence de consensus politique sur le fichier électoral, l’inadéquation entre le rythme de décaissement du budget destiné aux élections et le chronogramme des opérations, et la quasi-inexécution du budget lié à la sécurisation du processus électoral.

Le débat général clôturé, le bureau de la CENI va répondre ce vendredi 29 juin, aux préoccupations soulevées par les députés nationaux.

P. MULUMBA & ST.A.

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