Révision du code minier – Négociants et creuseurs s’expriment.
Il y a dix ans que le Code minier a été promulgué. Mais, il convient de préciser que cette période n’a pas été rose pour les creuseurs, les négociants et la population environnante des zones minières.
Cette période a été un calvaire pour les acteurs du secteur minier artisanal qui produisent plus de 95% du diamant et de l’or. Ipso facto, pas assez de rentrées pour le Trésor public ; un calvaire aussi pour l’Etat congolais qui n’a pas pu recouvrer comme il se devait les différentes taxes et redevances.
Cependant, à cause de la mauvaise gestion du secteur minier du fait des ventes de carrés miniers, les creuseurs, les négociants et la population environnante se sont vu dans l’interdiction formelle d’exercer leur profession par les détenteurs des titres miniers, communément appelés « souverains pontifs », autrement propriétaires terriens. Ils interdisent aux populations de creuser, faire ses champs, la pêche, la chasse, la coupe du bois, s’approvisionner en sable ou en caillasse pour la construction de leurs maisons d’habitation, les maintenant ainsi dans une pauvreté chronique.
Réduits en état de misérable, les riverains se considèrent comme des «laisser pour compte». Ils se disent abandonner par ceux qui sont sensés les protéger. Pour ces raisons, la population est souvent descendu dans la rue ras-le-bol parce qu’aucune société ne vole à son secours en créant des emplois en vue de résorber l’épineuse question de chômage chronique. Pour échapper à cette misère, les creuseurs, les négociants ainsi que des riverains ont choisi, par milliers, le chemin de l’exil vers des cieux prétendument «plus cléments». Erreur, d’autant plus qu’ils y rencontrent mort et traitements dégradants et inhumains, notamment en Angola.
De ce fait, ce départ massif des Congolais pour l’Angola constitue une véritable fuite des cerveaux et une perte en termes de ressources humaines devant pourtant contribuer largement au développement socio-économique du pays.
Saisissant donc cette occasion de la révision du Code minier et tenant compte des intérêts de la population que ceux de l’Etat congolais, en rapport avec la déclaration du chef de l’Etat : «nous devons combattre la pauvreté sous toutes ses formes et la richesse du sol et du sous-sol doit d’abord profiter à la population environnante», la Fecodi, étant la voix des sans voix, appuie sur la sonnette d’alarme en direction des décideurs du pays pour leur dire que ses membres, hommes du terrain, ont des recommandations appropriées qui doivent-être prises en considération pour sauvegarder les intérêts de la population et de l’Etat congolais.
A la lumière de ce qui précède, la Fecodi exige la suppression des carrés miniers de diamant, l’installation des comptoirs de diamant à Kinshasa où il y a des banques pour une bonne traçabilité du flux matière, c’est-à-dire la classification des acteurs du secteur minier en exploitants artisanaux, semi industriels et industriels. Ceux-ci sont appelés à vendre aux négociants du diamant dans les zones minières et les négociants s’adresseront aux comptoirs agréés à Kinshasa pour l’exportation. Tel est le cas de la Miba qui a déjà donné un bon exemple en vendant ses diamants aux négociants. Et ces derniers viennent vendre aux comptoirs agréés à Kinshasa. Toutes les sociétés d’exploitation du diamant au Congo doivent intégrer le circuit commercial avant l’exportation par les comptoirs.
Ce qui aura pour conséquence, le retour massif dans notre pays des Congolais émigrés sous d’autres cieux, ainsi que l’augmentation de la production artisanale qui pourrait donner le triple de 27 millions de carats par an envisagé par le ministre des Mines pour la perspective 2015.
Et pour y arriver facilement, il convient de mettre les négociants dans des conditions favorables, eux qui ne bénéficient pas des crédits auprès des banques comme sous d’autres cieux et qui financent les travaux d’exploitation artisanale dans le but de maximiser les recettes de l’Etat. C’est la condition pour parler de l’émergence d’une classe moyenne congolaise.
ML/LP
















