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Une « catastrophe nationale » nommée « Joseph Kabila »

« Evénement subit qui cause un bouleversement, pouvant entraîner des destructions, morts ». C’est la définition que donne Larousse du mot « catastrophe ».

Le 26 janvier 2001, « Joseph Kabila », âgé de 29 ans, était investi en qualité de président de l’ex-Zaïre, rebaptisé République démocratique du Congo. Des juristes – c’est le cas notamment du procureur général de la République d’alors, Luhonge Kabinda Ngoy – durent tripatouiller le droit positif pour permettre à ce jeune homme sorti de nulle part, d’occuper une fonction d’exception. Une fonction dont l’intéressé n’avait guère la compétence. Inutile de parler de vision.

Né à l’étranger où il a, par ailleurs, grandi, le nouveau « Chef » n’avait aucune attache psychologique avec son pays d’adoption qu’il n’a découvert qu’en septembre 1997. C’est-à-dire à l’âge adulte. Peut-on servir une nation pour laquelle on n’éprouve aucune passion?

Au lieu de tenter de gagner les cœurs en impulsant le progrès économique et social, le nouveau « maître » du pays a consacré toute son énergie à traquer ses contempteurs. Rarement, la vie et la dignité de la personne humaine ont été traitées avec autant de dédain.

La grande majorité des Congolais a fini par réaliser le piège dans lequel elle était tombée en laissant entrer dans la bergerie un loup déguisé en agneau. Un loup qui a profité de son pouvoir pour miner l’Administration, la diplomatie, l’armée, les « services » et l’économie. Bref, les piliers de l’Etat.

En ce début du Troisième millénaire, le Congo-Kinshasa est littéralement à genoux pendant que ses principaux voisins restent debout. Le pays est redevenu le « grand malade » de l’Afrique centrale. L’unité nationale a pris un grand coup.

« Elu » en 2006 et « réélu » en 2011, « Joseph » est frappé d’inéligibilité. Et ce conformément à l’article 70-1 de la Constitution lequel stipule : « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ».

Le 19 décembre 2016, les 80 millions des Congolais espéraient enfin tourner la page de seize années de stagnation et d’incurie. Seize années d’une « présidence quelconque ».

Les Congolais espéraient assister à un moment d’espoir. L’espoir dont est porteur toute alternance démocratique. Le rendez-vous n’a pas eu lieu. En cause, l’entêtement d’un homme décidé à s’accrocher au pouvoir en défiant tout un peuple.

Lundi 7 août 2017, la capitale congolaise et une partie de la province du Kongo Central ont été le théâtre des affrontements entre la force publique et des individus non-identifiés présentés comme des adeptes du mouvement politico-mystique Bundu dia Kongo. Bilan : plusieurs blessés et une vingtaine de morts.

On assiste à l’éclosion de plusieurs foyers de tension aux quatre coins du pays; Des observateurs n’excluent pas que « Joseph Kabila » joue au pompier-pyromane. Selon eux, réputé fourbe voire machiavélique, l’homme serait à la recherche d’un prétexte pour décréter l’état de siège. Une situation qui pourrait entraîner le report sine die des élections.

La grande majorité des Congolais dissimule de moins en moins un ras-le-bol face à un « Joseph Kabila » qui a transformé ce beau et grand pays en un champ de ruine.

Depuis seize années, les Congolais ont cessé d’être fiers de leur pays. Les adeptes du « complotisme », eux, n’hésitent plus à soutenir la thèse selon laquelle leur chère patrie serait victime d’une « conspiration » ourdie par certains pays voisins.

Voilà pourquoi la date du 26 janvier 2001 – qui a vu « Joseph Kabila » accéder au sommet de l’Etat – est de plus en plus assimilée au point de départ d’une « catastrophe nationale ». Les Congolais paient au prix fort leur légèreté.

Le réveil est dur! Certains citoyens n’hésitent pas à envisager des « options radicales » pour mettre fin à un cauchemar qui dure depuis bientôt deux décennies…

BAUDOUIN AMBA WETSHI/CI

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