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Une semaine perdue pour nombre de petits commerces

La capitale congolaise a vécu, le 9 août, trois journées consécutives de ralentissement des activités générales. « Nous avons préféré ne pas étaler nos marchandises aujourd’hui.

Même si nous n’avons pas entendu de coups de feu, nous n’arriverons pas à réaliser des bonnes ventes faute de clients », nous dit une commerçante contactée dans un marché situé au quartier très chaud de Yolo, à Kalamu.

Beaucoup de commerçants ont repris mardi leurs activités dans l’espoir que les ventes reprenent le plus rapidement possible. C’est un calvaire pour les ménages.

En effet, plus de 70 % des actifs occupés sur l’étendue du territoire national sont employés dans l’agriculture, un quart dans le commerce ou les services et moins de 5 % dans l’industrie (Source : Institut national de la statistique).

Autant dire qu’une bonne partie des Congolais vivent au quotidien. La crise politique continue à asphyxier terriblement l’économie congolaise. Certaines études indépendantes ont essayé, malgré l’absence de chiffres officiels, d’évaluer les pertes d’une journée « ville morte ».

L’on estime à environ 109 millions de dollars américains USD de création de richesses par jour en RDC. Mais comment est-on parvenu à cette affirmation ?

Ce chiffre établi par l’agence Zoom Eco est le résultat de la division du Produit intérieur brut congolais évalué à 40 milliards de dollars américains USD en 2016 par les 365 jours de l’année. L’on aboutit ainsi à ce total de 109 millions $ qui ne représente bien entendu qu’une simple hypothèse faute d’étude plus approfondie sur la question.

L’essentiel des pertes est subi par les entreprises, les commerces et sans oublier les Congolais dans leur majorité qui vivent de la débrouillardise au jour le jour (principalement dans l’agriculture). Concrètement, il y a d’abord l’industrie extractive qui vient en première position dans la création des richesses.

Ensuite, le secteur des télécoms est en train de subir d’importantes pertes. Cette situation inconfortable est le fruit de la mesure de restriction de l’accès aux réseaux sociaux et d’autres perturbations d’activités liées aux télécoms. Enfin, il y a les services. C’est le troisième secteur le plus exposé au ralentissement des activités sur l’étendue du territoire national.

Mais l’étude d’Eco Zoom va plus loin en simulant le manque-à-gagner pour l’État congolais, si l’on part du principe que la pression fiscale représente environ 10 %. Cela reviendrait à dire que le trésor public génère, en temps normal, environ 10,9 millions de dollars américains USD par jour.

Il serait incomplet de rappeler la part considérable du secteur informel qui occupe plus de 88 % de la population active. En 2015, l’Institut national de la statistique a dénombré pas moins de 3,4 millions d’unités de production informelles en RDC, dont 28 % opèrent à Kinshasa, la capitale.

Comme le soutiennent nombre d’études, la crise politique a une incidence très nuisible à la santé d’une économie nationale déjà à rude épreuve avec la baisse des cours mondiaux des matières premières.

Certains analystes n’hésitent plus à dire que l’économie est prise en otage par la classe politique. Toute stabilisation de la situation économique n’est envisageable sans une stabilisation de la vie politique. Tant que la crise politique persiste, la situation économique ne sera pas rassurante durant l’année 2017.

LE/LDDBV

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