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Violations droits de l’homme – Cette maison des horreurs appelée RDC

Ce n’était pas le plus connu des chiens de guerre qui sévissent en RDC à l’image de Bosco Ntaganda ou de Kyungu Mutanga, dit Gédéon. Mais ce n’était pas pour autant le moins féroce d’entre eux, puisqu’il avait quasiment érigé le viol en arme de guerre dans la région de Walikalé au point qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui en 2011 par la justice militaire congolaise. Le violeur patenté, qui était également accusé de l’exécution de dizaines de civils, a finalement décidé de rendre les armes.

Ntabo Tabéri Shéka s’est livré ce mercredi à la Monusco. Voilà donc un précieux colis qui devrait être expédié dans les jours à venir à Kinshasa. On s’en doute bien, ce n’est pas de gaité de cœur que l’affreux Shéka a fini par se rendre puisque les rangs de son « armée » s’étaient clairsemés. Il avait peu à peu perdu le contrôle de ses hommes au profit de son adjoint, un certain « Guidon ».

Que nous importent les raisons qui ont poussé le prédateur sexuel assoiffé de sang à sortir du bois. Au moins il ne pourra plus sévir et peut-être que sa reddition lui vaudra, qui sait, une toute petite, un semblant de circonstance atténuante. Mais voilà, pour un Shéka désormais en lieu sûr, combien sont-ils ces criminels de guerre encore dans la nature ?

Hasard du calendrier ou pas, ce dénouement intervient alors même que le Bureau conjoint des Nations unies vient de publier son rapport sur les violations des droits de l’homme au cours de 6 premiers mois de l’année. Un bilan on ne peut plus sombre qui donne une petite idée de la tragédie qui se joue parfois en silence.

Près de 600 victimes d’exécutions sommaires, parmi lesquelles 35 femmes et 170 enfants, commises par des agents de l’Etat tandis que les groupes armés, milices et autres factions toutes tendances confondues auraient à leur actif quelque 345 meurtres. Rien qu’à elle seule l’armée congolaise se serait rendue coupable de l’exécution de 428 personnes dont 140 enfants et 17 femmes.

Principal théâtre de l’horreur, les provinces du Kasaï central et oriental où forces de défense et de sécurité, miliciens Kamuina Nsapu et simples civils rivalisent de férocité. N’est-ce pas là qu’à ce jour quelque 80 fosses communes ont été découvertes dont la plupart sont attribuées à l’armée congolaise ? Un Sénégalais, un Canadien et une Mauritanienne viennent d’ailleurs d’être nommés par l’ONU pour enquêter sur ces charniers, même si l’on se demande quelle sera leur marge de manœuvre puisqu’ils seront sous la tutelle de Kinshasa qui a de toute façon refusé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante.

Et si l’on ajoute à ces sombres statistiques la hausse des cas de violence sexuelle, estimés à 210, le nombre de décès en prison 100₎ ainsi que les 170 prisonniers politiques et d’opinion qui croupissent dans les pénitenciers du régime,

Cette RDC que décrit le rapport onusien est une maison des horreurs à nul autre pareil sur le continent. Un domaine où le bourreau en chef, qui ne pense qu’aux honneurs, règne en maître absolu avec comme seul programme de gouvernement l’obsession qui est la sienne : se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible, quitte à régner sur une immense nécropole de 2 300 000 km2.

HMO/ODP

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