45% de bébés de moins de 5 ans meurent de malnutrition

Tous les responsables en charge de la santé publique en République Démocratique du Congo (RDC) sont informés, depuis 2013, qu’à cause de la malnutrition, le pays perd chaque année, 45% de ses enfants de moins de cinq ans. Une situation dramatique qui perdure jusqu’à ce jour ; mais contre laquelle le Programme National de Nutrition
(PRONANUT) avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a résolu d’attaquer, entre autre, par la sensibilisation de l’opinion publique. Car, l’information des parents et tuteurs d’enfants peut sauver la vie de plusieurs nourrissons. Cette information est mise à la disposition de ces responsables grâce à une plateforme de collaboration nommée «Consultation préscolaire» (CPS).

Celle-ci, mise en place par le PLANANUT, se définit comme une plateforme privilégiée qui offre des soins préventifs et promotionnels à l’enfant, de la naissance à cinq ans d’âge en vue de lui assurer une croissance et un développement harmonieux. Ces précisions ont été livrées à l’opinion au siège de l’UNICEF, dans la commune de Ngaliema, par deux spécialistes en nutrition, à savoir, Dr Tusuku Noti Tousaint, chargé des opérations au PLANANUT et Dr Annie Mitelezi, administratrice/Nutrition de l’UNICEF.

En effet, Dr Tusuku Noti a souligné que dans notre pays, la mortalité chez les enfants de moins de 5 ans est imputable principalement aux affections qui sont évitables par des mesures simples et peu coûteuses de prévention ou de traitement, à savoir le paludisme, la diarrhée, les infections respirations aiguës, les maladies évitables par la vaccination. Ces infections s’aggravent généralement sur fond de malnutrition qui, elle, est actuellement responsable de 45% des décès des enfants de moins de cinq ans. En rappelant les statistiques sanitaires, Dr Tusuku Noti a noté que depuis environ 15 ans, la malnutrition chronique est stagnante à 43% soit 1 sur 2 enfants ; 1 sur 10 enfants souffre de la malnutrition aiguë ; et environ 1 sur 4 enfants a une insuffisance pondérale. La malnutrition chronique, elle, s’installe tôt dans les 1.000 premiers jours de la vie de l’enfant (c’est-à-dire, du premier jour de conception jusqu’à l’âge de 2 ans).

Elle est moins visible mais a des conséquences irréversibles si les activités préventives ne sont pas assurées durant cette fenêtre d’opportunité de 1.000 jours.

Collaboration entre les agents de santé et les familles

La Consultation préscolaire, pour Dr Annie Mitelezi, est donc une opportunité pour les agents de santé et les familles d’établir un système commun de suivi de la croissance de l’enfant de la naissance jusqu’à l’âge de cinq ans. Elle est un cadre idéal d’échanges et de discussions entre les services de santé, la famille et la communauté afin de garantir à l’enfant l’amélioration de la qualité de sa survie.

Elle offre également l’opportunité d’associer à moindre coût d’autres interventions nécessaires pour la santé de l’enfant. A la CPS, l’accent est mis sur les interventions à haut impact de nutrition pour la prévention de la malnutrition chronique durant la fenêtre d’opportunité des 1.000 premiers jours de vie de l’enfant.

A cet effet, un paquet d’activité est prévu : suivi de la croissance ; promotion de l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (allaitement maternel optimal, alimentation de complément adéquate) ; promotion des autres pratiques familiales essentielles (alimentation de la femme enceinte et allaitante, lavage des mains, utilisation de latrine hygiénique, planning familial, utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée, traitement de diarrhée, visites à domicile, etc). En outre, la vaccination pour les enfants de 0-11 mois, la supplémentation en vitamines A au premier contact à 6 mois sont considérées comme interventions préventives.

Pour sa mise en œuvre , la CPS possède deux stratégies : d’abord fixe pour les enfants vivant autour du centre de santé (moins de 5 km) et qui peuvent y être tous les jours. Ensuite, avancée pour les enfants vivant au-delà de 5km du centre de santé.

SAKAZ/LP

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