Arrivée de Leila Zerrougui à la Monusco – L’ONU joue sa crédibilité

L’Algérienne Leila Zerrougui a pris officiellement ses fonctions à la tête de la Mission des Nations Unies pour la stabilité au Congo (Monusco), selon un communiqué diffusé le dimanche 11 février.

La nouvelle patronne de la Monusco arrive à un moment critique en République démocratique du Congo. Le pays est miné par une crise politique qui ne fait que s’empirer notamment à cause du fait que la communauté internationale tarde à agir en conséquence face à un pouvoir décidé de torpiller le processus électoral en cours.

Leila Zerrougui arrive alors que le Comité laïc de coordination est déterminé à aller jusqu’au bout dans son bras de fer avec la majorité au pouvoir à Kinshasa sur l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 et le respect de la Constitution. Les marches pacifiques vont donc continuer en RDC malgré la répression pour dire « non à la dictature », soutient-on au Comité laïc de coordination.

Autant dire que la cheffe de la Monusco sera très vite mise à l’épreuve. Elle arrive dans un pays où les forces de sécurité tirent à balles réelles sur des manifestants pacifiques et volent même les corps pour faire disparaitre les traces. D’ores et déjà, la  troisième marche pacifique initiée par le CLC est prévue le 25 février. De l’attitude de la Monusco face à la répression déterminera ce que sera cette mission sous Leila Zerrougui.

Son prédécesseur, Maman Sidikou n’avait comme habitude que de faire la comptabilité macabre de la répression. Il en a été ainsi à toutes les marches que les partis de l’opposition ont organisées ces deux dernières années. La Monusco ne faisait que comptabiliser les morts sans protéger la vie des Congolais.

« La MONUSCO demeure engagée à soutenir, conformément à son mandat et dans le respect de la Constitution congolaise, l’application intégrale de l’accord politique du 31 décembre 2016 qui énonce les principes généraux concernant la tenue des élections, le transfert pacifique du pouvoir et la consolidation de la stabilité en RDC ». Cette déclaration de la Monusco sera soumise à l’épreuve de la réalité. Mais avant, la Monusco devra peser pour la décrispation politique et la levée de l’interdiction des manifestations politiques des acteurs de l’opposition.

Le processus électoral en cours est un leurre tant que Joseph Kabila et sa majorité refusent de poser des gestes pour décrisper l’espace politique et garantir les droits et libertés des citoyens. Le temps de condamnations est passé. La Monusco qui représente la communauté internationale en RDC doit agir pour effectivement protéger les Congolais contre un régime répressif.

LP/LC

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