Convocation d’un prêtre – Kabila joue gros

Le rouleau compresseur de Joseph Kabila se tourne désormais vers le clergé. C’est le moins que l’on puisse dire. Car, pas plus tard qu’hier, 27 décembre 2017, le doyen des curés de Kinshasa a été entendu par le parquet. Officiellement, les raisons de cette convocation ne sont pas connues.

Mais on se rappelle que l’abbé Vincent Tshomba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, avait appelé début décembre les prêtres de la capitale de la RD Congo à sonner les cloches pendant 15 minutes toutes les semaines et ce, à partir de 21h00, afin d’exiger l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre signé par l’opposition et la majorité, sous les auspices de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Cet appel, faut-il le rappeler, semble avoir été entendu puisque les 14 et 21 décembre derniers, pendant que les populations, à coup de klaxons et de vuvuzéla, sonnaient le tocsin, la majorité des paroisses catholiques bruissait au rythme du son de cloches du père Tschomba.

Kabila joue gros

Et comme pour ne rien arranger, les laïcs catholiques appellent à une marche populaire le 31 décembre prochain, avec à la clé ce message aux relents insurrectionnels : « Levons-nous et marchons dans la capitale, en province ou à l’étranger. Levons-nous et marchons, femmes et hommes de foi ; croyants en Dieu et chrétiens de toutes sensibilités, toute personne éprise de justice et de paix ; de toute condition et de toute génération ; engagée ou non dans l’activité politique et associative. Levons-nous et marchons pour libérer l’avenir et faire de notre pays une terre de paix, de dignité, d’hospitalité et de progrès pour tous ».

C’est donc clair comme l’eau de roche. Kabila a eu peur de l’envergure que prend l’appel du prélat, si fait qu’il cherche à tout prix à le recadrer. Mais en le faisant, il oublie qu’il joue gros. Car, l’Eglise catholique, faut-il le rappeler, est une force sociale de loin plus importante que toutes les chapelles politiques. Et se mettre à dos une telle institution, c’est se tirer une balle dans le pied. On l’a vu au Burkina Faso par exemple, où Blaise Compaoré, alors président de la République, après avoir dû son salut à l’Eglise catholique, avait tenté de la ridiculiser en 2014 lorsque s’était posé le débat sur la modification de l’article 37 de la Constitution.

La suite, on la connaît. Ce qui est arrivé n’est rien d’autre que le scénario prévu par le clergé burkinabè. Et c’est peu dire ! Mais que voulez-vous ? Ainsi se comportent les dictateurs. Ils ne voient jamais venir les choses. Et même quand ils les voient, ils font semblant, préférant jouer l’autruche jusqu’au jour où…

BO/LP/LC

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