Des Kinois rançonnés par des escrocs déguisés en agents de sécurité

Dans le registre des tracasseries policières que subissent ces temps derniers, les paisibles Kinois, sur les routes ou dans les places publiques ou commerciales, il s’est listé le rançonnement et l’extorsion des biens. Cette sorte de torture morale perpétrée par des individus sans foi ni loi, souvent en tenue civile, prétendant être des agents de services de sécurité avec pour mission principale, contrôle des sacs à main, des mallettes, des sacoches, ainsi que des valisettes à roulettes, a acquis droit de cité. Ces faux agents hargneux et grincheux soutiennent qu’ils ont été chargés de traquer des armes que des malfaiteurs et autres ennemis de la république, auraient introduites dans la plupart de communes de Kinshasa.

Certainement, pour semer l’insécurité et piller les personnes nanties. Les autres font même valoir qu’ils sont en quête des documents compromettants, genre tracts, destinés à véhiculer des faussetés sur la situation politique de notre pays.

Ces individus qui en réalité, ne relèvent d’aucune autorité urbaine ou une autre auprès de qui ils doivent transmettre quelque rapport, se postent le plus souvent à l’ombre des arbres touffus non loin des marchés, des arrêts de bus ou de taxis. Sous ces abris, ces malfrats d’un genre particulier, se livrent aux interpellations des piétons, aux interrogatoires sommaires de ceux trimballant de gros sacs, avant de procéder à une fouille doublée d’une soustraction frauduleuse de biens de valeur. Téléphones portables, ordinateurs, billets de banque et cartes de crédit.

Kadi Yves, journaliste, en route pour son domicile, après une journée de dur labeur, avait transité par le rond-point Victoire pour prendre un bus. Aux différents arrêts de bus, une foule dense s’impatiente.

Dès qu’un véhicule se présente, tous se précipitent vers le chauffeur pour lui proposer une destination à prendre. Dans cette bousculade, Kadi Yves est interpellé par un homme apparemment agité qui lui demande d’aller se présenter chez le chef d’équipe.

Sous un arbre, cinq hommes fouillent les sacs de deux dames et la mallette d’un étudiant. Le journaliste est soumis au même exercice, en dépit de ses protestations énergiques. Pour lui, l’interpellation et la fouille de ses biens doivent se passer dans un bureau de l’Etat. Un arbre planté au bord de la chaussée, n’étant pas un service officiel, il a réclamé qu’il soit acheminé soit à la police, soit à la commune, ou au Parquet de grande instance de Kalamu. Et dès qu’il s’est mis à téléphoner à son interlocuteur qu’il appelait « Mon Colonel », les malfrats l’ont invité à poursuivre sa route. On n’a rien pris sur lui. Il se rappelle qu’il n’en était pas le cas avec les autres personnes interpellées qui ont perdu qui des téléphones, des billets de banque et des bijoux emballés dans un petit sachet.

Bénéficiaire d’une ristourne, une femme commerçante qui était entrée dans le shop d’une société de télécommunications, s’est ravitaillée en cartes prépayées au rond-point Victoire. Sa voiture l’attendait avec à bord un militaire des Fardc. Dans son sac, une somme de 2.500 dollars. Avec ce fonds de commerce, elle comptait acheter des marchandises, afin d’ouvrir une boutique.

Quelque part, au bord de la grande avenue, plusieurs paires d’yeux l’ont dévorée de regards. Un gaillard qui la talonnait, l’a invité sous l’arbre. C’est là qu’elle trouvera d’autres femmes soumises à la fouille de leurs sacs à main. Que me reprochez-vous ? Voici mes pièces d’identité, insiste la dame pour éviter d’être tracassée. Et quand un membre de la bande a tenté de lui arracher son sac, elle a crié : « Lieutenant, viens parler avec ces gens ! » Soudain, on a vu apparaître un élément de Fardc aux gros biceps. C’était le garde du corps qui escortait l’épouse d’un officier supérieur. Immédiatement, les escrocs ont prétendu qu’ils voulaient la sécuriser contre des voleurs. Ce qui était faux. Après l’échec pour ce rançonnement, les inciviques ont délocalisé leur point de contrôle.

Aux abords du Marché central de Kinshasa, de petits groupes d’individus composés tantôt de trois, de quatre ou de cinq, tantôt de six membres, sont aux aguets. Il en est de même dans les alentours du Marché Gambela, du Marché de la Liberté, du petit marché Bitabe, et même au marché de Delvaux. Ces individus dépourvus d’un ordre de mission officiel, se livrent aux tracasseries policières, au rançonnement et aux extorsions.

On signale même que d’autres gaillards s’illustrent aux mêmes méfaits, seraient des éléments incontrôlés, soit de la police ou des Fardc.

Et pour garantir aux Kinois, une paisible fin de l’année, le Commissaire provincial de la police devrait traquer ces malfaiteurs qui méritent d’être neutralisés ou mis hors d’état de nuire.

JRT/LP

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