Kinshasa ezalakaboye te – « Aguené » ou « Guégué » fait rage à Kinshasa

La consommation de l’« Aguéné », boisson prohibée par les autorités politiques à cause de son taux élevé d’alcool (plus de 50%) et ne répondant pas aux normes hygiéniques de fabrication, prend des allures de plus en plus inquiétantes dans la capitale, Kinshasa. Communément connu sous l’appelation de « Guégué », cette boisson artisanale est un véritable fléau qui, toute proportion gardée, rend la jeunesse congolaise oisive, inutile et surtout violente.

Toutes les catégories sociales (employés, chômeurs, étudiants, etc.) et tous les âges, voire tous les sexes s’adonnent paisiblement à sa consommation dans tous les coins de Kinshasa. Alors que la prise de son alter ego, le « lotoko », se faisait dans la clandestinité, « Guégué » fait plutôt incursion dans tous les débits de boisson de la capitale, voire dans des endroits dits huppés. En clair, « Aguené » est vendu dans les bars, bistrots, terrasses, restaurants, etc., au même titre que nos bières et boissons sucrées, mais a l’avantage de les battre tous par rapport au coût. La mesure, affirme t-on, est vendue à partir de 500 FC seulement !

Les scientifiques sont formels au sujet de la consommation abusive d’aguéné : cela peut provoquer diverses maladies, notamment la cirrhose de foie. « Il est triste de constater que plusieurs jeunes Kinois choisissent ce ‘cycle court’ à l’enivrement ; même les jeunes filles s’y adonnent. Il suffit de se rendre au marché Lufungula et dans son voisinage pour rencontrer les adeptes de cette boisson qui s’attablent dans ces bars de fortune dès 6 heures du matin », a témoigné mama Scholastique Yemo, habitante de Lingwala.

Il convient de noter que bon nombre des jeunes chauffeurs taxi et taxi-motos sont très friands de ce produits. Les agents de l’ordre sont aussi identifiés parmi les grands consommateurs de cette boisson artisanale et se sont même familiarisés avec ses fournisseurs. Bref, personne ne se voile plus la face.

Les réseaux de vendeurs et consommateurs d’aguéné à Kinshasa sont bien connus et identifiés. Mais seulement, personne ne peut les inquiéter. Les quelques fois que certains d’entre eux ont été interpellés, ils ont été vite relâchés parce qu’intouchables. Certains vendeurs affirment qu’ils sont fournis par des éléments de la PNC, des FARDC et d’autres services de sécurité. Ce qui le mettent parfois à l’abri car protégés par leurs fournisseurs.

« Mon fournisseur est un haut gradé de la PNC. Chaque fois qu’il rentre le soir, il m’approvisionne en cannabis et Guégué. Après la vente, il passe récupérer son argent, me permettant ainsi petit à petit, à me constituer un capital. Et depuis, mon commerce prospère », a confié Djene-Djene, un vendeur de drogue bien connu à Selembao.

Des analystes sont d’avis que si l’on n’y prend garde, la jeunesse congolaise risque de constituer un grand danger pour le pays.

TB/LP/LC

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