«Makala», la vie filmée d’un charbonnier du Katanga

Le film Makala, sorti en France le 6 décembre, nous entraîne en République démocratique du Congo, au Katanga.

Le jeune documentariste français Emmanuel Gras y a posé sa caméra, pour filmer le périple d’un modeste charbonnier. Un trajet qu’il porte à la hauteur d’une odyssée. Ce film fort a obtenu le Grand prix de la Semaine de la critique au festival de Cannes.

Couper un arbre, en faire du charbon (du makala en swahili, en lingala et en kicongo) et aller le vendre à la ville, c’est le quotidien de Kabwita, modeste villageois du Katanga. La trame de Makala, troisième long métrage d’Emmanuel gras peut laisser sceptique par son minimalisme. Elle est pourtant le point de départ d’un grand film, entre odyssée, road movie et brûlot politique.

En 2015, le documentariste avait posé sa caméra dans un centre pour sans-abris de Marseille, donnant la parole à des hommes condamnés tant à la pauvreté qu’à l’invisibilité. Ici, son héros est lui aussi un invisible, un homme qui n’a que ses bras, ses outils, et son rêve d’un avenir meilleur. On le suit à l’aube, au sein de la brousse environnante, avant qu’il n’arrive au pied de l’arbre à abattre. On s’inquiète avec lui quand l’une de ses trois filles tombe malade et qu’il n’y a pas d’argent pour la soigner.

Emmanuel Gras filme à hauteur d’homme. Il montre la famille attablée, le soir, autour d’un rat des champs bouilli, ou la longue fabrication du four à charbon. Bientôt Kabwita partira à vélo pour la ville, trainant ses cent cinquante kilos de charbon à la ville sur cinquante kilomètres, pour les vendre.

Image somptueuse, cadre soigné, musique minimaliste, Makala mise sur la beauté de l’humain et de la matière pour filmer le travail, si rude soit-il. Son personnage, pauvre parmi les pauvres, devient devant sa caméra un vrai héros de cinéma. Grâce à Makala, à 41 ans, Emmanuel Gras s’affirme comme l’une des voix importantes du cinéma du réel, une voix avec laquelle il va désormais falloir compter.

Le journaliste congolais Gaston Mushid, directeur de la Radio-télévision Manika, à Kolwezi, une radio-partenaire de RFI, a accompagné le réalisateur Emmanuel Gras lors du tournage de Makala. Il témoigne au micro de RFI.

“Je souhaitais participer à ce tournage pour montrer qu’il y a un côté oublié de (notre) société qui méritait un regard particulier… La seule source d’énergie c’est le makala, donc il faut couper les arbres pour produire le makala qui sert à la cuisson des aliments»

La bande annonce

Les interviews

RFI/NPB/LC

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