Nettoyage du fichier électoral – Martin Fayulu contredit une fois de plus Nangaa

Comme il fallait s’y attendre, la réaction de Martin Fayulu a été foudroyante à propos des statistiques des électeurs rendues publiques par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) le vendredi 6 avril 2018.

Le président de l’Ecidé et Coordonateur de la Dynamique avait déjà démontré, dans un passé récent, au début des opérations de révision intégrale du fichier électoral, que les chiffres livrés par la CENI ne concordaient pas avec les données démographiques de l’Institut National de la Statistique et ne répondaient pas aux standards internationaux.

Au cours d’un point de presse qu’il a animé hier au siège de son parti, le président de l’Ecidé a soutenu que le fichier électoral nettoyé de la CENI est un faux, car les chiffres ne correspondent pas à la réalité.

Pour cet opposant, il ne s’agit ni plus, ni moins que d’un montage grossier réalisé par la CENI, sans doute pour entretenir l’illusion d’être dans le délai par rapport à son calendrier.

« On peut aisément se rendre compte que le taux de progression de la population pendant dix ans, devrait être de 34 %, alors que la CENI, pour la même période, nous présente un taux moyen de 57%, avec des disparités inexplicables entre provinces (notamment le Sankuru avec 180 %, le Lualaba avec 85%, le Lomami avec 82%), a fait observer Martin Fayulu.

Tout en relevant qu’en Afrique, le standard reconnu est en moyenne de 44 enrôlés pour 100 habitants, le président de l’ECIDé a fait remarquer que la CENI offre des taux disparates allant de 33 à 61 % : une inadéquation difficile à comprendre.

Ce sociétaire du Rassemblement a du mal à comprendre le faible taux de 37 % pour Kinshasa, alors que c’est la province qui a de loin la plus forte densité démographique (1200 habitants au Km2).

Il en est de même de la province du Kongo Central, 4ème du point de vue de la densité démographique mais affiche le plus faible taux d’électeurs enrôlés.

« La conséquence évidente d’une telle construction frauduleuse », poursuit-il, « est qu’au niveau de l’Assemblée nationale, la répartition des sièges sera baisée et ne donnera pas une représentation exacte des circonscriptions électorales ».

Fayulu a rappelé qu’en 2011, la répartition des sièges s’était faite sur la base de plus ou moins 31.064.000 enrôlés et la CENI avait reconnu avoir mené cette opération dans la précipitation.

Il s’est dit tenté de croire que la décision de la centrale électorale de publier le fichier électoral nettoyé obéit à la même logique.

Martin Fayulu estime qu’un audit financier de la CENI est plus qu’une urgence, outre l’audit des opérations d’enrôlement et l’audit du fichier électoral lui-même.

Il est bon de souligner que la CENI a eu besoin de 400.821.568 dollars du contribuable congolais pour construire ce fichier électoral qui vient d’installer un grand doute dans les esprits, à cause de son manque criant de transparence, et donc de fiabilité.

EW/LP/LC

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