Viols, tortures et enlèvements – Des armes de répression contre les journalistes et opposants en RDC

De plus en plus, les forces dites de l’ordre s’illustrent par des comportements innommables et parfois inqualifiables. Et parfois, cela dépasse tout entendement. Et de manière particulière dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), l’on sort de tout contexte d’un Etat moderne où le citoyen est sensé être sécurisé et protégé par le pouvoir public.

Le drame vécu dans la nuit du 3 au 4 décembre 2017 par le couple Pweto en est la preuve. L’époux, Emmanuel Pweto est un journaliste indépendant, propriétaire et concepteur du site www.sisiwotepamoja.com , média spécialisé dans le traitement des informations sur la situation sécuritaire et humanitaire en RDC. Son épouse, Jolly Mbombo est cadre du parti politique Solidarité congolaise pour la démocratie et le développement (SCODE). Les faits se seraient passés entre 1 heure et 4 heures du matin, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2017.

Dans un communiqué de presse rendu public le 4 décembre 2017, le secrétaire général de la SCODE s’indigne de ce qu’il qualifie d’ « ignoble forfait ».

Dans le communiqué, la SCODE dénonce la tournure de plus en plus dramatique de la situation sécuritaire qui prévaut en RDC en général ainsi que dans le Nord-Kivu en particulier, depuis qu’une bonne partie de la population congolaise est devenu hostile au régime de Joseph Kabila. Ce dernier se maintient au pouvoir, rendant ainsi difficile l’alternance au pouvoir.

C’est dans la nuit du 3 au 4 que s’amorce le calvaire du couple Pweto, selon la SCODE. Le sommeil de ces paisibles citoyens a été brusquement interrompu par l’entrée en fracas, dans leur domicile, des hommes armés en uniforme non autrement identifiés. Ceux-ci ont fait irruption dans la chambre à coucher de ces deux paisibles citoyens.

Le temps de réaliser à peine ce qui était en train de se réaliser, le journaliste indépendant se retrouvera violemment projeté sur le pavé avant de subir une bastonnade sans précédent. A sa femme qui n’avait trouvé comme moyen de défense que de crier et appeler au secours, deux de ces hommes avaient décidé de la faire taire à leur manière. Et puisqu’il fallait à tout prix lui infliger une torture, les malfrats se sont rués sur elle la pauvre femme et l’ont violé avant de la violenter.

A en croire le communiqué de la SCODE, elle a été frappée à mort puis ligotée et bien immobilisée. Elle aurait subi des tortures inimaginables de la part de ses bourreaux sans état d’âmes. Au terme de leur forfait, ils prendront en emmenant avec eux le mari inconscient et cagoulé, laissant derrière eux une femme abusée, désespérée et abandonnée à sont triste sort.

Ainsi, pour ce parti de l’opposition (SCODE) dont le président national croupit en prison, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les préjudices subis par le couple Pweto s’inscrivent dans le cadre des restrictions de la liberté d’expression et toute autre entrave aux droits et libertés fondamentaux qui s’observent à chaque mouvement de contestation, à l’instar de tout ce qui est arrivé lors des différentes manifestations à travers le pays. Une stratégie savamment orchestrée pour faire taire toute voix discordante en RDC.

Des déclarations et autres menaces que distillent la hiérarchie militaire du genre de ceux proférés par le général Placide Nyembo, Inspecteur provincial adjoint de la police au Nord-Kivu, l’avant-veille des manifestations pacifiques prévues par les mouvements citoyens et la Société civile le 13 novembre 2017, pour exiger une alternance politique en RDC en disent long.

L’opinion publique indignée par tout ce qui se commet dans l’Est de la RDC s’interroge sans relâche, pour identifier la main noire qui commandite toutes ces atrocités dans cette partie du pays.

Toutefois, au regard de la persistance du climat d’insécurité qui s’y est installé et ce qui arrive au journaliste Emmanuel Pweto et son épouse Jolly Pweto, cadre d’un parti politique de l’opposition, l’opinion est convaincue que pour réduire au silence la presse et décourager toute contestation politique, le viol et le kidnapping sont les nouvelles armes adoptées par le camp des oppresseurs.

LP

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